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ACCIDENT
Ami
Cette nuit, j'ai très mal dormi
Cent fois, j'ai revu
Cette scène d'épouvante
Le vent soufflait très fort
et seuls des inconscients
dont je faisais partie
Avaient quitté le sol
Serein, tu avais mis longtemps
A prendre ton envol
Puis avais pris ta place
Parmi tous nos amis
Accroché sous ton aile
Sous ton beau parapente
Tu te hissais heureux
Haut dans le ciel
Vers le firmament
Quand soudain;
Tout s'est passé très vite
un delta, finissant sa boucle
et ne t'ayant pas vu
est venu te percuter
Emmêlé dans tes suspentes.
Un cri d'effarement
Puis un silence de mort
Médusés, impuissants
Nous assistions , pétrifiés
A cette macabre danse
Vous rejoigniiez le sol
Dans une chute implacable
Spiralant enlacés
avec ton compagnon d'infortune
Dans une mortelle étreinte
d'un delta et d'une aile
Puis, plus rien.
Au loin, vous aviez disparu
Masqués d'une haie d'arbre
vous avez frappés le sol dur et
desséché
Nul arbre salvateur n'a pu vous tendre
Ses branches salutaires
Ton destin s'est joué
Dans ces secondes là
Tu as croisé un court instant
Le doux regard de tes aïeux
Puis a touché du doigt
La main froide de la faucheuse.
Parmi nous
quelques un ont couru
d'autres n'osaient bouger
d'autres enfin ont crié
puis, rapidement, les secours se sont organisés
puis l'attente infinie
Le verdict implacable
Allait-il tomber
Et nous priver ainsi, de ton retour
ou, par une chance inouïe
Malgré cette redoutable chute
Aviez vous échappé
A une funeste destinée
Quelques instants encore
De morales souffrances et d'attente
Puis les nouvelles arrivent
"Ils sont vivants"
"Très mals, mais vivants"
"Quelques bouts d'os traînent par terre"
"On les recollera"
Le tribu à payer s'avère miraculement
léger
D'une chute comme celle là
La mort était certaine
Vous y avez échappé, et lui avez
laissé un pied (de nez)
j'en suis heureux
Des larmes, un court instant, voilent ma vue
Un frisson parcoure mon échine
Mes tripes me font mal
Je partage ta souffrance
Mais je sais, maintenant
Que dans quelques semaines
je vais pouvoir, Ami
Enfin te reparler
Nous boirons ensemble
Du verre de l'amitié
Et nous rirons aussi
De note belle inconscience
Et nous dirons aussi
Comme c'est beau LA VIE.
Marcel LOZANO 4 juillet 2001 |
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