La fuite

Je dois fuir.Vite

Je saisis mon parachute
et compte le temps
Allez ! Marcel, encore quelques minutes
et tu laisseras ici
la société humaine
et ses tourments

Quelques gestes précis
mille fois recommencés
et je m'échappe, une fois de plus
de l'emprise des autres
et de leurs tentacules

Enfin mes yeux brillent
le vent frappe mon visage
La morsure du froid est une douceur
et étouffe celle de mon coeur
Au sol je vois un lapin, puis 2 puis plusieurs
me voir les apeure; ils fuient de toutes leurs pattes

les voir me fait du bien
Je n'ose les approcher
Convaincu de l’ignominie ressentie
Pour me faire du bien
Il faudrait que je leur fasse du mal

Je m’éloigne
Le mal ; je sais ce que c’est.

Et je cherche à oublier

De retour sur la planète
Rien n’a changé
La misère est encore partout

Mais l’envie de vie
A nouveau remplit mon cœur

Et je pense à cette antinomie
Je ne suis rien
Il paraît que l’on peut être moins.


Marcel Lozano 21 janvier 2004


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