Cumulonimbus

Non loin,
trois immenses nuages-enclumes
Cherchent encore à lécher
Ces sortes de marais barométriques
Qui s’installent à la nuit tombée.
Elles usent leur dernière énergie à vaincre l’inévitable.
Quelques minutes encore
Et elles se désagrègeront.
La nuit en viendra à bout.
Comme elle viendra à bout
De mes réticences
à me poser au sol.
Le soleil s’est enfui
et, avec lui,
l’unique source qui les alimente.

Deux amis, à quelques portées d’ailes
Vont et viennent au raz des champs
Comme autant de papillons butinant
Des fleurs fraîchement écloses.
Leurs voiles sont d’un rouge écarlate
Tranchant sur le vert et jaune des prairies.

La nuit est maintenant là
Et nous impose sa volonté.
Il faut se résigner à poser.

Au sol nos voiles s’alourdissent d’humidité.
La brume s’installe aussi.
C’est un autre monde qui naît chaque soir.
Un monde sans lumière.
Où seuls nos rêves
Nous font entrevoir
La chance que nous avons
De vivre ces instants.

Passe, Marcel, passe.
Et que passe ta vie
Comme un rêve
Qui te laisse au matin
L’indicible envie de dire
J’EXISTE.

Marcel Lozano 19 juin 2006




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